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À la rencontre des femmes de la mode de Montréal #OpinionFC

S’il y a une journée dans l’année que nous devrions célébrer, c’est bien la journée internationale de la femme. Toutes les les raisons sont bonnes de célébrer les femmes à l’échelle de la planète, celles qui ont fait avancer la cause des femmes dans leur pays respectif, celles qui ont lutté pour leurs droits, celles qui ont eu le courage et la bravoure de faire entendre leur voix, de provoquer le changement. Dire qu’encore aujourd’hui, il y a des pays dans le monde où les femmes voient leurs droits bafoués, où elles ne sont pas libres, où l’accès à l’éducation est encore problématique. On se sent détaché de cette réalité, car des femmes avant nous ont fait le travail et nous ont tracé un chemin beaucoup plus facile. Donc comment reconnecter avec cette réalité? Aller à la rencontre de femmes d’ici qui oeuvrent dans le domaine de la mode et qui ont été témoin d’une évolution. Parce que même ici la situation des femmes s’est transformée et pour le mieux. Nous avons choisi de céder la parole à des femmes pour qui l’industrie de la mode à Montréal n’a plus de secrets. Place à des témoignages très intéressants et l’occasion de se pencher un peu plus sur leur vision de la condition féminine au sein de cette industrie en continuel changement.

À-la-rencontre-des-femmes-de-la-mode-de-Montréal-#OpinionFC-Debbie-ZakaibDebbie Zakaib, directrice générale de la Grappe métropolitaine de la mode

Un grand constat émane des quatre entrevues. Qu’elles soient designer, professeure, rédactrice en chef ou directrice générale, leurs moteurs sont les mêmes: la passion pour l’industrie locale, l’amour inconditionnel qu’elles portent pour la mode et la volonté de toujours agir au service de cette industrie. Leur point en commun, elles baignent dans une industrie qui se veut accueillante et valorisante pour elles. Comme le disait Debbie Zakaib, directrice générale de la grappe métropolitaine de la mode, la femme a su prendre sa place au fil des ans et s’imposer dans toutes les sphères de cette industrie. Elle a gravit les échelons et on retrouve maintenant des femmes aussi bien en design qu’en entrepreneuriat ou à la tête d’entreprises. Marie-Eve Faust, professeure à l’École supérieure de mode de l’ESG UQAM, fait partie d’une équipe très soudée. Les hommes et les femmes y trouvent leur place. Elle nous a confié que sa collègue Michèle Boulanger-Bussière l’inspire énormément. Une femme de vision pour la mode québécoise et impliquée à la faire avancer. Pour Valérie Dumaine, designer qui oeuvre dans l’industrie depuis 13 ans, le fait d’être femme ne l’a jamais arrêté dans son métier. Jamais elle n’a pensé qu’être femme la pénaliserait et l’industrie s’en réjouit. Sophie Montminy, rédactrice en chef mode chez Clin d’oeil, nous avoue qu’elle ne comprend pas trop le combat que mènent les femmes dans ce milieu, parce qu’elle est entourée de femmes et que décidément elles semblent avoir trouvé le moyen de s’imposer et de se tailler une place de choix dans cet univers. Alors si dans d’autres domaines on aimerait que les femmes s’illustrent davantage et soient plus reconnues, en mode, la femme est omniprésente et on pourrait même dire que son absence est inconcevable. Un constat réjouissant finalement.

À-la-rencontre-des-femmes-de-la-mode-de-Montréal-#OpinionFC-Marie-Eve-FaustMarie-Eve Faust, professeure à l’École supérieure de mode de l’ESG UQAM

Ces femmes, qui font notre industrie, ont chacune leur parcours et Sophie Montminy nous a confié que c’était la mode qui l’avait choisi et non le contraire. Comme une vocation écrite dans le ciel, elle était destinée à entrer dans ce monde. Pour d’autres, Debbie Zakaib, Valérie Dumaine et Marie-Eve Faust, aboutir dans l’industrie était très prévisible, car la mode les a toujours habité et fasciné. À force d’esquisser des vêtements dans un cahier, de manipuler la machine à coudre, d’assister à des défilés avec sa mère, de scruter les looks à la télévision. Leur première flamme, leur premier amour est né. Une curiosité grandissante pour ce qui se cachait derrière le vêtement, pour pousser plus loin la réflexion du vêtement ou simplement le métier qui s’imposait naturellement. Elles ont des parcours foisonnants et remplis d’expériences à l’étranger. Stage à Londres, séjour à Berlin pour Valérie qui s’est fait la main pendant des années et qui a décidé finalement de revenir à Montréal pour démarrer son entreprise. À l’extérieur du Québec pendant 10 ans, l’enseignement a transporté Marie-Ève aux États-Unis et à Hong Kong. Des expériences qui vivent toujours en elle et forgent sa personne.

À-la-rencontre-des-femmes-de-la-mode-de-Montréal-#OpinionFC-Valérie-DumaineValérie Dumaine, designer de mode

En cours de route, elles nous ont fait part de leurs bons coups et la diversité des réponses fut étonnante. Pour Valérie, c’est le fait d’être toujours là et d’exister encore depuis 2004. Une reconnaissance bien profonde l’habite, car elle est consciente de la chance qu’elle a de pouvoir vivre de sa passion. Fière de tenir coup après toute ces années sachant que la pression est énorme et qu’il est facile de craquer. Pour Marie-Eve, son plus grand accomplissement réside dans ses séjours à l’étranger. La fierté qu’elle retire de ces projets l’anime toujours et la motive. Elle est partie pour mieux revenir. Pour Sophie, avoir réussi à montrer la diversité féminine à travers Clin d’Oeil la rend particulièrement fière. C’était tout un défi de mettre de l’avant une femme différente, car ça bouscule les règles déjà établies par l’industrie, mais c’est un combat qui en vaut la peine et la stimule. Pour Debbie, c’est son engagement dans la communauté qui la remplit de fierté. Impliquée dans de nombreux projets culturels et siégeant sur plusieurs conseils d’administration, membre du C.A de la Fondation Eulalie-Durocher et de la Fondation du Musée d’art contemporain de Montréal, elle met à profit sa passion pour la culture. Ses enfants aussi sont une de ses plus grandes fiertés.

À-la-rencontre-des-femmes-de-la-mode-de-Montréal-#OpinionFC-Sophie-MontminySophie Montminy, rédactrice en chef mode chez Clin d’oeil

Nous avons discuté avec des femmes cultivées, intéressées et déterminées à se réaliser dans leur métier. Cela témoigne de la richesse de notre industrie locale, des talents qui se développent ici et qui grandissent. Si on regarde aller ces femmes, la situation semble être sous contrôle, mais il y aura toujours place à l’amélioration et des défis les guetteront toujours. Espérons simplement que l’industrie locale continue dans la prospérité pour fournir des défis intéressants aux femmes qui y prennent part et pour qui la mode locale est une richesse à préserver.

Photo d’en tête : capitale.gouv.qc.ca

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