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Coût réel d’un vêtement

Note : La forme féminine est utilisée pour alléger le texte

Depuis les dix dernières années, avec l’avènement des nouvelles technologies, les consommatrice.teur.s ont commencé à perdre la notion de la main d’oeuvre. Plusieurs domaines ont vu leur système de production modifiée ou exportée pour sauver des coûts, ce qui a pour effet de désensibiliser la clientèle au processus de fabrication, notamment dans l’industrie du vêtement. Pour contrecarrer la pratique de surconsommation et de gaspillage que tout ça engendre, plusieurs compagnies ont décidé de miser sur la production locale. Mais tout cela vient avec un coût. Petite incursion dans le processus de création d’une collection de vêtements typique pour une designer d’ici.

À la base d’une création, plusieurs détails rentrent en ligne de compte pour déterminer la composition d’un vêtement, impliquant toujours au minimum une personne dans chacune des phases. On commence tout d’abord par élaborer un modèle par dessin. Plus un vêtement est complexe, plus le coût sera élevé. Ensuite, chaque modèle doit être retranscrit sous forme de patron puis doit être gradé pour pouvoir convenir de XS à XL. Pour une tenue simple, c’est autour de 270$ pour avoir le patronage complet. Ensuite, vient la coupe. Donc pour produire cette modeste pièce, c’est environ un autre 200-250$. Maintenant, pour tout mettre en place, il y a l’étape de confection. Chaque couturière est payée à la pièce, le prix est alors déterminé par l’ampleur de la manipulation. Donc s’assurer qu’au bout du compte, elles sont au moins payées au salaire minimum de 11,25$.

plusieurs compagnies ont décidé de miser sur la production locale. Mais cela vient avec un coût. – Partage sur Twitter

Tout est dans l’importance de faire une sélection adéquate de tissu pour chaque pièce. Tout dépendant des besoins, plus un tissu est noble ou fait de matières ‘’éco-friendly’’, plus le coût est élevé. Un jersey de coton bio de base oscille autour de 5$/m. Une fois le tissu en main, il faut aussi prévoir avoir la quantité de fil nécessaire dans la bonne couleur pour pouvoir partir sa production, ainsi que toutes les étiquettes, les boutons, les fermoirs, les élastique, l’entoilage, etc.

Une fois la collection terminée, il y a toute la portion promotionnelle (shooting photo, packaging, marketing, etc) et celle de la vente. Si une entreprise désire vendre en boutique, cette dernière prend en moyenne entre 30 et 45% sur le prix de vente. Donc en achetant un vêtement à 100$ en boutique, 45$ va à la boutique et 55$ à la créatrice. elle doit s’assurer que sur ce 55$, elle a pu rentrer tous ses coûts de production et réussir à avoir une marge de profit pour la réinvestir dans ses collections futures et payer son loyer !

Maguire, une jeune entreprise québécoise se spécialisant dans la confection d’accessoires en cuir, expose ses coûts de production détaillés de chaque item qu’elle vend. En espérant que cette nouvelle manière de conscientiser l’acheteur puisse faire écho à d’autres compagnies, et ainsi changer la perception d’une clientèle absorber par la fast fashion, un item à la fois.

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À propos de Mia Van Der Heyden

Épicurienne passionnée, curieuse exploratrice et grand cœur créateur, Mia est une artiste multidisciplinaire baignant dans le milieu de la mode depuis dix ans. Toujours à la recherche de nouveaux défis, elle aime ajouter des cordes à son arc en suivant diverses formations et en mettant ses nouvelles connaissances et passions à l’épreuve. Elle a lancé sa toute première ligne de sous-vêtements pour hommes et basics unisexes il y a plus d'un an. Étant conscients de l’impact de leurs décisions sur le quotidien, son copain et elle ont développé un intérêt grandissant pour le « Fait Local » à travers, notamment, leurs multiples voyages au quatre coins du globe. Autant par les produits de consommation que par les établissements fréquentés, chaque décision est réfléchie dans l’optique d’une consommation plus intelligente, sociale, écologique et responsable.

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