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La mode lolita, une mode anti-féministe ?

De Rei Kawakubo à Issey Miyake en n’oubliant Yohji Yamamoto pour ne nommer que ceux-ci, maints designers japonais ont su teinter la scène internationale de la mode en proposant des collections des plus excentriques. Si les grands noms ont laissé leurs traces, il n’en est pas moins chez les sous-cultures. La mode lolita, grandement inspirée des jeux vidéo, de la musique ou encore des mangas bat de plein feu, et ce, même jusqu’ici, au Québec.

  • Par définition
    Au Japon, la fin des années 60 est marquée par cette mode qui nait dans les rues de Tokyo. Bien que cette mode soit davantage adoptée chez la femme, les hommes peuvent également se vêtir de la sorte ; du côté masculin, il s’agit du brolita. Cette tendance qui a grimpé dans les palmarès de popularité à la fin des années 90 possède de multitudes déclinaisons. Parmi les plus populaires on compte la « Sweet Lolita », où les imprimés légers voir enfantins ainsi que les couleurs pastelles cohabitent et son antithèse tout autant prisée la « Gothic Lolita » où là, le noir est omniprésent avec à ses côtés le violet et les motifs gothiques de tout genre.

Source : apreciarepreciso.blogspot.ca

Source : s-media-cache-ak0.pinimg.com

  • La culture du style
    L’histoire du style fait référence à une rébellion de la part des femmes issues de cette culture nipponne face à ce que la société attend d’elles lorsqu’elles deviennent femmes; se marier et avoir des enfants. Le Japon étant une nation très conformiste, le port de tenues de style victorien, faisant rappel aux poupées du même style est synonyme de refus de passage à l’âge adulte chez la femme. Mais au-delà de cela, il s’agit de se différencier de la masse et d’aborder un style vestimentaire plus recherché que ce que l’ensemble des Japonaises porte comme vêtement.

Du côté de leurs inspirations, Alice au pays des merveilles occupe une place de taille. Cette histoire tirée de la littérature anglaise va de pair avec les valeurs que prônent les lolitas; la grâce, le romantisme, l’onirisme et la distinction.

  • La philosophie du genre controversée
    Depuis longtemps, plusieurs apôtres du mouvement féministe dénoncent la tenue d’accessoires très enfantins chez la femme tels que la boucle, les bas à fronces, les jupes de tulle, l’abondance de rose et toutes autres fioritures. Et cela, c’est sans parler de la place qu’occupe le symbolique Hello Kitty au sein de cette communauté.

Source : lookbook.nu

Alors que le but premier est d’aller contre ce que la société nipponne inflige à ces femmes comme parcours de vie, celles-ci critiquent le style dans une lignée d’idées complètements contraires. Selon elles, les lolitas, aux allures de jeunes filles avec leurs tenues flamboyantes représenteraient une image de femme faible, innocente, pure, et donc, incapable de s’assumer pleinement. Une chroniqueuse du journal britannique The Guardian va jusqu’à dire que « déguiser une femme en enfant, c’est en faire une personne inoffensive, impuissante et digne de condescendance ».

On a suivi le dossier à travers les médias numériques et s’est posé la question suivante; jugerait-on trop rapidement par le style vestimentaire? Certes, le style va de pair avec l’ADN d’une personne, le style donne le ton à chacun. Mais aller jusqu’à dire que porter des robes aux allures victoriennes est rabaisser la femme, on se demande si cette réflexion n’est pas un peu tirée par les cheveux.

L’habit ne ferait réellement pas le moine, surtout que la naissance de ce style avait comme idéologie tout de féministe ; se respecter en tant que femmes et ne pas adhérer aux projets généralisés que la société japonaise a prévus pour ces femmes.

Photo d’en tête : flickr.com/linriel


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